J’ai choisi la photographie naturellement. C’est sûrement le résultat d’une double éducation : séparé entre l’Égypte et la France, j’ai appris à considérer les images à la fois comme des souvenirs, comme des objets qui me permettaient de me transposer dans des lieux où je ne pouvais rester qu’un instant, mais aussi comme des documents historiques, plus en accord avec mon instruction classique. De plus, beaucoup de bandes dessinées m’ont certainement formé au cadre droit, frontal et clair, j’ai donc très tôt été sensible aux évènements géopolitiques autant qu’aux problèmes du mouvement des populations lié à la guerre ou à la souffrance. A 18 ans, après le Bac, ne sachant quel parcours choisir et pour me conformer à des attentes familiales, je suis rentré en école de commerce. Ce n’était pas pour moi, aucune compatibilité possible. J’ai alors tenté une reconversion en école de photographie à Nancy. C’était une révélation, j’étais au bon endroit. Différentes rencontres, par exemple le reporter Luca Catalano Gonzaga à Rome, les livres de l’agence Magnum, certains documentaires sur la photographie de reportage m’ont donné l’envie de voir l’Histoire en cours, de la vivre grâce à mon appareil photo et surtout de ne pas l’oublier. Alors, au lieu de réaliser mon stage de fin d’année dans un commerce de photos d’identité, je suis parti en Turquie dans les camps de réfugiés Syriens, puis en Syrie, réalisant ainsi mon premier reportage.

Mon enfance m’a permis d’acquérir la faculté du mouvement, de ne pas me limiter aux frontières de mon village ou des villes de ma région. J’ai donc naturellement pris le chemin du reportage. Ses conditions et les rencontres engendrées satisfont en moi le besoin de répondre à des questionnements personnels. Tous les moyens qu’il faut déployer pour réaliser la photographie d’un être humain dans une situation difficile (douleur, perte, guerre, pauvreté, souffrance) résultent d’une envie profonde et d’un travail sur l’adaptabilité personnelle. Il n’en reste pas moins que l’essence de notre travail doit avant tout être tournée vers le sujet. Les résultats, aujourd’hui, de l’image sur la scène internationale me laissent dubitatif, mais je pense que ces photographies, bien qu’elles risquent malheureusement de ne rien changer à la situation, permettront de ne pas oublier. J’ai continué la photographie de reportage. La Légion Étrangère engagée en République Centrafricaine puis dans son environnement en France a rythmé mon travail pendant un an. Le Liban, la Jordanie sur la crise des réfugiés Syriens avec l’organisation Première Urgence Internationale, le Congo RDC sur le viol comme arme de guerre et son docteur Denis Mukwege ou les centres éducatifs fermés de la Police Judiciaire de la Jeunesse font, ainsi que les sauvetages de migrants en Méditerranée, partie de mes sujets.

Visa pour l’image m’a permis de vendre mes premières photographies d’Alep en Syrie, de rencontrer des professionnels qui deviendront des amis chers. J’ai, à part mes projets personnels des commandes ainsi que des projets à réaliser en France et je consacre ainsi la totalité de mon activité à la photographie.

Mes images ont été entre autres publiées dans : Paris Match, Der Spiegel, Sunday Times magazine, Time Lightbox, VSD, Le Monde, le Figaro Magazine, le Parisien Magazine, Polka, Le Point Libération, LFI Leica international, Gala ….

Liste des prix, récompenses :
Finaliste du prix Luca Dolega 2013
Deux fois sélectionné au prix Bayeux des correspondants de guerre 2013-2015
Prix Rémi Ochlik de la ville de Perpignan 2015
Prix Sergent Vermeille 2015

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Biographie Édouard Elias (PDF)